Cette interview a été réalisée par Anne Dufour, il y a déjà quelques mois, au bord de l'océan Pacifique, en Nouvelle-Calédonie. Jessica Azyadé est l'auteur du Régime Tahiti qui sera en librairie à partir du 16 mai.
Pourriez-vous vivre ailleurs qu’à Tahiti ?
Non, je ne crois pas. Plus maintenant. J’ai habité à Paris, à New York, à Sydney. Et dans bien d’autres villes magnifiques encore. Mais Tahiti, comment vous dire… c’est indescriptible : c’est mon berceau, certes, ce sont mes racines (mon père est Tahitien, ma mère est Calédonienne), mais il n’y a pas que cela. C’est véritablement le paradis. Les gens sont gais, la nature est omniprésente, on coule des jours heureux, paisibles, c’est comme une autre planète par rapport à la vie dans les villes occidentales. Et puis c’est très diversifié : chaque île possède ses spécificités, son intérêt, son caractère. La Polynésie c’est immense : aussi grand que l’Europe, mais avec beaucoup, beaucoup plus d’eau ! L’Océan Pacifique est le plus grand du monde : cette masse d’eau couvre un tiers de la surface totale du globe !
C’est quand même le bout du monde !
De quel monde parlez-vous ? Moi je trouve que c’est vous qui êtes au bout du monde ! Donc Tahiti, au bout du monde… oui et non ! Oui sur l’archipel des Australes ou même à Maupiti, dans l’archipel de la Société, mais Papeete by night a tout d’une grande ville industrielle, avec des embouteillages aussi monstrueux que ceux du tunnel de Fourvière en France… En revanche, c’est vrai, Tahiti reste comme « en dehors » : en dehors de la pollution, de la folie des hommes. Ce n’est pas pour rien que les premiers explorateurs la surnommaient « le paradis sur terre » : ça l’est. Ce n’est pas la « possibilité d’une île », mais « l’idée d’une île ». En France, en Belgique, en Amérique ou ailleurs, tout le monde « rêve » plus ou moins de Tahiti, et dans les mêmes termes – eaux turquoises, plages de rêve, vahinés au corps dénudé, tanés (l’équivalent masculin des vahinés !) de même… et le plus extraordinaire, c’est que dans une certaine mesure, la réalité est exactement comme ça. Des rêves réels, il n’en existe pas tant que cela !